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Le patronat et les économistes libéraux n’ont de cesse de pointer le « coût » du travail comme étant un frein à l’emploi et à l’investissement. Les cotisations sociales qui financent divers budgets sociaux (retraite, assurance chômage, budget public de la santé, allocations familiales…) sont présentées comme des « charges » qui « pèsent » sur l’emploi.

À la remorque de cette analyse, les différents gouvernements de droite comme de gauche ont préféré brider les budgets sociaux de façon à éviter de nouvelles augmentations de cotisations. Dans le privé, les retraites de base ont été réduites par application d’une période de référence des meilleurs salaires de 25 ans au lieu de 10 précédemment. La retraite à 60 ans acquise en 1981 a été portée à 62 ans. La durée de cotisation a été allongée de 37,5 années à 41,5 années ce qui, pour ceux qui n’auront pas les annuités suffisantes se traduira par un départ à 67 ans. Du point de vue de l’assurance maladie, de plus en plus de dépenses restent à la charge des patients et on tarde à couvrir les frais relatifs à la dépendance.

Voilà de nombreuses années, qu’au nom de la défense de l’emploi, on a accordé des exonérations de cotisations sur les salaires inférieurs à 1,6 SMIC1)Réduction générale des cotisations patronales (ex-réduction Fillon). En plus de ce dispositif, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a créé le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), un avantage fiscal pour les entreprises soumises à un régime réel d’imposition et qui emploient des salariés. Voté dans la loi de finance rectificative pour 2012, il est entré en vigueur le 1er janvier 2013. Son taux, pourcentage de la masse salariale  hors salaires supérieurs à 2,5 fois le SMIC, a progressivement évolué de 4 % en 2013, à 6 % en 2014, 7 % en 2017 puis 6 % en 2018. A partir du 1er janvier 2019, il est devenu un simple allègement de cotisations sociales2)La suppression du CICE au 1er janvier 2019 et son remplacement par un allègement des charges sociales employeurs.

Tout ceci n’empêche pas le taux de chômage de rester très élevé depuis la crise de 2009. La seule réponse du patronat est encore et toujours la compétitivité, entendons par là des baisses de salaires. Voilà désormais plus de trente ans que le chômage s’est durablement installé dans le pays. Ne serait-il pas temps de penser à une réduction massive du temps de travail couplée avec les créations d’emplois correspondantes sans perte de salaire ? Ceci aboutira aussi à une hausse de la masse salariale.

Est-ce que les entreprises à faible valeur ajoutée seront capables de payer des augmentations de cotisations, de nouvelles embauches ou encore des augmentations de salaires ? La péréquation de la richesse disponible répond à cette objection en transférant de la richesse des entreprises à forte valeur ajoutée par salarié à des entreprises moins riches.

Article suivant : Comment se réalise actuellement le partage du revenu disponible entre les entreprises ?

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